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Publié le par Juliette Mézenc

oui, c'est ça, la première qualité de l'écrivain c'est cette capacité à absorber ou se laisser absorber, sans jugement ni sélection. D'où ce besoin irrépressible, ensuite, de décharger sur papier ou ordi (j'écris de plus en plus directement sur l'ordi ce qui me semblait inenvisageable il y a deux trois ans de ça) l'extraordinaire matière absorbée sous laquelle, sans cette activité d'écrire, il étoufferait. Sous les bruits enregistrés, les conversations, les sensations, les visions, les scènes, les sentiments des autres perçus. Et c'est à ce moment-là que des choix doivent être faits, à ce moment-là qu'il faut se montrer intraitable avec cette matière qui voudrait s'engouffrer toute entière dans le texte. Non. Absolue nécessité d'un parti-pris. Et je crois que j'ai du mal avec ça, avec le fait d'abandonner, de laisser tomber, des tableaux, des mots.

Publié dans kommen kon krée

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