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Publié le par Juliette Mézenc

"Il y a cet espoir pour moi de ne pas laisser un livre illisible juste pour qu'on admire la performance. Ca, ça ne m'intéresse pas du tout. J'ai acheté des livres dans lesquels je n'arrive pas à entrer au point d'en vouloir à leurs auteurs parce que ce qu'ils attendent de moi, c'est de l'admiration, pas de la lecture" Pierre Senges

C'est drôle parce que c'est exactement ce que j'ai ressenti à la lecture de "Veuves au maquillage", un livre qui roule des mécaniques, regardez comme j'suis fort.... et j'ai lâché la lecture. Mais l'interview dans Le Matricule des Anges me donne envie de m'y replonger. Et puis il y a ce passage aussi

"Une littérature non-humoristique, c'est pour moi une contradiction dans les termes. Si la littérature a un mérite, c'est au moins de nous apprendre à ne pas être assertoriques ou péremptoires. Des phrases assertoriques ou péremptoires on en entend tous les jours dans les discours politiques ou publicitaires. Cette langue-là, faite d'une idée par phrase avec des affirmations presques performatives du style "le pays va mieux donc le pays va mieux" doivent donner une réalité à ce qu'elles énoncent. Si la littérature a un rôle, c'est d'aller à l'encontre de ça, en maintenant une tradition autre que cette langue-là"

oui, la littérature est du côté du doute, du questionnement parce qu'elle est du côté de l'ouvert, du possible. Bon "assertoriques" et "performatifs", moi ça me fait tiquer, c'est peut-être parce que j'ai fait des études de lettres sur le tard mais les termes techniques : berk ! Quand j'introduis (avec parcimonie) un terme technique dans mes cours, j'avertis les élèves en leur disant : attention, je vais vous apprendre un gros mot, ne le répétez pas à vos petits frères .... le dernier en date était cependant plutôt mignon : stichomyties !

Publié dans kommen kon krée

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