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Publié le par Juliette Mézenc

je disais donc... Hassan. Rencontré à L. J'ai passé des heures à l'écouter, assise à côté de lui, à la longue table sous la petite verrière, lui fumant le kif, moi la tête dans les mains, flottante, oubliant les livres que j'avais emportés/choisis avec soin. La littérature, elle était là, dans les phrases d'Hassan, des phrases parfois obscures et que je ne cherchais pas à éclaircir (les passages sombres dans ses récits, les malentendus, les confusions, tous ces passages flous me laissaient frustrée/amusée/curieuse). La poésie, elle se niche dans son agenda : feuille de papier un peu froissée, barrée de réservations (hassan est propriétaire d'une maison d'hôtes) en tout sens et qui ignorent totalement l'ordre chronologique. Un angle du papier a été déchiré pour allumer la pipe de kif, un ligne de réservation a été en partie fumée. Un "poème" dit-on souvent de ce genre de "personnage". On doit s'écrire.
Il a connu jean genet. Il a insisté : si on l'aime tant, c'est parce qu'il a pris notre misère sur lui, il était là, avec nous, tout le temps, au port, dans le bidonville où il vivait. Un jour, jean genet a offert une paire de sandales à hassan. Au retour, il a reçu une raclée de son père : son fils ! traîner avec ce dépravé ! 
Ils ont enterré jean genet dans le cimetière catholique, mais un peu à part, près de l'océan. Ils ont tracé le chemin qui y mène, un chemin pour eux, pour les musulmans. D'après ce que j'ai compris. Parce que je n'ai pas vu la tombe, une rencontre sur le chemin nous a déroutés.
Et cette petite aventure m'a donné une idée : un couple veut se rendre sur la tombe de jean genet mais à chaque fois un événement quelconque les détourne de leur destination première.  Le recueillement sur la tombe de l'écrivain n'aura pas lieu. Mais le désir de s'y rendre donnera lieu à des rencontres entre vivants. Comme il a été pour moi le point de départ de l'écriture. J'y ai pensé pendant tout mon séjour, pris des notes.
Mais maintenant que je suis de retour à sète, mon envie de faire parler le brise-lames (j'ai le titre : "Journal du brise-lames") me reprend. Et puis il y a les textes des élèves qui m'attendent.... 

Publié dans kommen kon krée

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