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Publié le par Juliette Mézenc

Sixième voix (2)



J’attire beaucoup le regard des garçons, ça suscite la jalousie des filles… c’est un peu l’enfer, le regard des gens est péjoratif … toujours des pensées mauvaises… j’ai l’habitude… La « socquette blanche » puis le « noyau de prune encore scintillant de fraicheur » disposés sur le chemin de celui qui visite du bout des yeux cette maison si sombre… où a-t-il la tête, lui qui enregistre machinalement les indices de Sa Présence sans les identifier, déjà occupé de l’horaire de train du retour. Le petit poucet apparaît enfin dans la verdeur du jardin : « une longue vague bleue roula sous mon cœur et là, à demi-nue sur une natte inondée de soleil, s’agenouillant et pivotant sur ses jarrets, je vis mon amour de la Riviera qui m’observait par-dessus ses lunettes noires ». Flash back sur l’amour de la Riviera, son nom de scène : Lolita Première. Plus loin, cette phrase, racine de la fascination : « Les vingt-quatre années que j’avais vécues depuis se fondirent jusqu’à n’être plus qu’une flammèche imperceptible, qui palpita un instant et s’éteignit ». Consumation instantanée des années, retour pour cet homme défait aux premiers battements du sexe. Bougements obscurs et violents. Entre les cuisses jeunes, un monde s’ouvre.  

Les garçons genre arabe me disent « t’es bonne » des trucs comme ça.

 

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