l'air de rien, je respire

Publié le par Juliette Mézenc




4 avril 2009


Les humains diraient qu’il fait beau. Au-dessus de moi, le ciel s’enfonce dans le bleu.

Le vent circule humble dans mes tuyaux. L’air de rien, je respire. Sans ces voies d’air, je le sais, je ne résisterais pas à la pression de la mer. Sans ces voies d’air dans mon béton, je volerais par tempête, un peu comme une mouette. Déportée, chahutée, transbahutée.

De respiration du BL

Photos : john skinner / Son : ThL, avec l'aimable autorisation de raphaël lucas

Le vent souffle dans mes bronches une berceuse, chaque vague propulse l’air du large dans les conduites qui me trouent de part en part, à intervalles réguliers. Leurs diamètres toutefois diffèrent. Je suis un orgue placé entre les eaux sauvages et les eaux sages. Assagir : ma mission, au départ.

Le vent me chante. Je connais la chanson, toujours la même par temps calme. Lancinante. C’est la chanson de la grande lame. Elle me parcourt, elle me frissonne, elle me hante et elle me chantonne. Toujours la même par temps calme. Par gros temps, le vent et l’eau se disputent mes vides. Ils me siphonnent le dedans. Violemment. Pas un temps pour le lancinement.

Le vent



Extrait du Journal du brise-lames 

 

Publié dans projet brise-lames

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Juliette 09/05/2009 08:48

tout est immobile ici, pas de bleu dur, des demi-teintes : on attend le vent du nord qui balaye mais dans l'attente on profite de l'atmosphère cotonneuse

brigetoun 08/05/2009 11:48

rendre plus profond le chant de la mer, moduler le ressac (le bleu n"est pas franc et dur aujourd"hui dit une humaine à l'esr-nord-est