sujets sensibles : attention chantier

Publié le par Juliette Mézenc


je ne me doutais pas qu'un travail de correction pouvait être aussi passionnant, fastidieux certes mais pas que. Il faut dire que j'ai eu la chance d'être lue (pour publie.net) par Agnès Castellet, correctrice pointilleuse, attentive à tous les petits écarts de langue, me demandant à chaque fois si je souhaitais maintenir ou pas. Ce qui m'a amenée souvent à verbaliser des intuitions. Et grâce à son aide, j'ai aussi trouvé un titre (enfin !) : Une autre idée : "Sujets sensibles : attention chantier", pour reprendre la sensation très juste qui sourd de cette phrase : "Mes flancs en mai 1995 sont encore loin de s’être refermés. Et sur mon dos un écriteau : Attention chantier ! Ici, on reconstruit sa maison". Cela ajouterait, je pense, une dimension au titre et engloberait mieux ce dont il est question dans l'ensemble de votre texte.


Merci Agnès, pour ce travail et le dialogue qu'il a provoqué. 
Extraits du manuscrit en correction :
Ils me la prendront pas cette terre, pas possible, plus possible, elle est moi à moi je maintiens « elle est moi » cette frontière entre le champ et le cœur du bois

Une femme passe, très belle, cheveux courts et gris, presque blancs. Longtemps qu’elle travaille dans cette médiathèque.

Une femme passe, ses cheveux coupés courts sont presque blancs.

[2 versions d’une même phrase ? N’en garder qu’une seule ?] je garde les deux versions, ce qui contribue à troubler la vision, à la flouter, un peu comme dans les rêves lorsqu’on les repasse au réveil

  

Je veux faire médecine parce que pour moi ça a l’air simple, il faut juste apprendre en fait, apprendre et appliquer, il faut pas inventer des choses par soi-même, de toute façon y a pas grand-chose à faire, quand je travaille je perds pas mon temps et je sais que plus tard, j’ai mon avenir assuré. Si je travaille j’ai plus de chance de réussir que d’échouer,


ça va pas tomber du ciel. [
garder le saut à la ligne ?] oui je garde le saut de ligne, le « ça va pas tomber du ciel » se détache, tombe du paragraphe, j’aime cette expression et elle est très juste ici

J’ai tendance à me la raconter en dansant, il se la raconte, tu te la racontes, je me la raconte : on dirait que je grimperai grimperais je garde le futur pour plus d’actualisation d’autant plus que je passe ensuite au présent en flèche 















 

 

 

Publié dans kommen kon krée

Commenter cet article

cecile+portier 05/06/2009 09:06

ce travail là, comme vous dites, fastidieux mais vraiment essentiel, où enfin quelqu'un vous renvoie la balle, précisément, sur les mots inscrits, et ne se contente pas d'accuser reception. Le correcteur comme un goal qui se défend, quand le lecteur souvent, se contente d'être un panier de basket

Juliette Mézenc 05/06/2009 09:53


j'ai eu la chance jusqu'à présent de recevoir pas mal de critiques précises et parfois même très circonstanciées de lecteurs plus ou moins proches de moi, j'aime ces retours parce qu'ils témoignent
d'une vraie lecture et me font avancer mais dans le cas évoqué dans le post, bien sûr, lecture plus fine encore, essentielle en effet


juliette 04/06/2009 16:22

et désolée pour la mise en page (overblog est imprévisible, ne respecte pas mes sauts de ligne, j'espère qu'agnès à qui rien n'échappe ne m'en tiendra pas rigueur !) 

pagesapages 04/06/2009 15:07

Quand un vrai dialogue, un jeu de ping-pong s'instaure, ça doit être un régal en même temps qu'un superbe chauffage de crânes (fatiguée, un peu ? :-) ).(j'ai déjà vécu un moment où je devais non seulement me justifier, mais arguer, pied à pied, tenir bon, c'est beaucoup moins productif-agréable-porteur.)Bravo à vous, donc ! Et a votre vis-à-vis-correctrice-attentive.

brigetoun 04/06/2009 15:06

et nous voici invités dans la fabrique avant découverte