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Publié le par Juliette Mézenc

je mets ci-dessous en ligne la première version d'un texte que je viens juste de taper :


26 Septembre

  


Je ne sais pas si je les entends ou si elles me parcourent, si elles me sont soufflées par les vents qui traversent mes espaces intérieurs, font de moi leur instrument, ou si elles empruntent en douce les gaines électriques chargées d’amener le courant jusqu’aux phares (trous dans le béton les laissent parfois apparentes). Je ne sais pas si elles ont traversé les mers avant de s’articuler dans le fort intérieur ou si elles ne sont que le sous-produit des rêves de Mathilde qui tapent encore dans la structure moléculaire, qui tapent encore mais différemment. Des paroles sourdent.  Je ne sais pas si elles viennent de plus loin encore dans l’espace et le temps, produites par des êtres, peut-être des hommes et des femmes, qui frappent sur des tuyaux, des éviers, des barreaux, des canalisations  dans l’architecture du monde, sur tout ce qui se trouve à leur portée.  Je ne sais pas ce qu’elles me disent, je ne suis qu’un brise-lames, obtus et bétonné.  Qui résonnent de ces coups portés, de ces ombres de coups portés, que je porte léger. Je sais qu’elles viennent d’un lieu où si vous dites passé-présent-futur on vous rira au nez, où tout se mêle sans se confondre.  Je ne sais pas si les paroles étaient là, tapies au fond, et si elles ont été libérées par l’ouverture de la grille rouillée que Mathilde a poussée. Je ne sais pas si ces paroles font de moi un porte-voix ou si elles me porte moi, si ce sont les leurs ou si ce sont les miennes, si elles me portent aussi surement que mes fondations (éléments divers) ou si elles se sont faites miennes en me traversant, comme les rêves de Mathilde qui se sont incrustés dans la masse. Je me demande si je ne deviens pas fou en me rapprochant ainsi de l’humain. Des humains qui auraient traversé des villages au bord du désastre, des salles de bain immenses et très calmes, des romans de l’après, de grandes chaînes de montagnes ou de vagues.

Ces paroles, je veux bien ici les consigner, elles ont peut-être besoin d’être écoutées.  


Le Journal du brise-lames 

 

 

 

 

  

Publié dans projet brise-lames

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Juliette Mézenc 30/09/2009 11:31


merci, et à bientôt ici ou ailleurs (je découvre aussi votre blog).


Anna de Sandre 29/09/2009 17:21


Je vous découvre grâce à Enfantissages. J'aime votre texte.


Enfantissages 28/09/2009 12:20


Un premier jet? ça me laisse rêveuse... Je découvre ce lieu peu à peu et j'ai hâte de lire encore des pensées du brise-lames.


Juliette Mézenc 28/09/2009 18:02


bienvenue !