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Publié le par Juliette Mézenc

Il y avait là

des géantes rouges qui lentement s’échauffent, hérissent crêtes, secouent jabots, gonflent et puis explosent, rire tonitruant 

les étoiles bleues, les plus torrides 

une galaxie spirale qui se déploie verte pour enrouler ses bras autour de son cou 

les comètes se dégèlent coquettes, s’astiquent coma, la font reluire et resplendir, fondent au soleil, elle filent les filles, filles du soleil, sifflent et perforent, de leur tête blonde, le ciel orange, qui en redemande. L’une agite sa crinière, bleue, l’autre sort sa chevelure, prune, et puis elles filent les filles, à toute berzingue, dans l’univers piqué, de leurs rires frais 

Naines blanches et naines noires pianotent tressautent et font les sottes, trois petits tours et puis s’en vont  

 

Il y avait aussi 

les quasi-stellar objects qui, pour leur part, lancent de très loin leurs invitations, amphitryons des confins, hôtes oubliés de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur système solaire 

 

Enfin le trou noir. Unique. Œil très dense qui la fixait, cherchait à l’attirer, dans ses rets. Un puits de nuit sur l’inconnu.

Femme côté nord (2004) 

 

 

 

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