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Publié le par Juliette Mézenc

 

Alors Chiara saisit délicatement les chaussures dorées pour les mettre à ses pieds. Ils y entrèrent sans difficulté, s’y ajustèrent parfaitement. Elle tressaillit lorsque les mains lourdes de Pierrot se posèrent sur ses épaules, tu es belle sur piédestal un feu follet, ils s’embrassèrent comme jamais. Alors elle le prit par le bras et l’entraîna dehors. Ils sortirent, ils sortent, ils sortiront. Ils marcheront côte à côte. L’hiver sera bleu il sera clair tu es plus belle que le ciel et la mer et ils le traverseront à l’heure où la lumière irradie et festoie regarde les beaux magasins à l’heure où et toutes les bonnes marchandises à l’heure où le cargo fera un rectangle rouge sur le bleu tellement dense tu es plus belle que tu es plus belle que le ciel et la mer ils sortent, ils sortiront, la vie sous leurs semelles s’agrandira à l’horizon s’élargira et la terre tu es plus belle s’étirera jusqu’à plus soif sous leurs silhouettes souples, ils sortent, quand tu aimes il faut partir, ils sortiront quitte ta femme quitte ton ami quitte ton amie ils danseront jusqu’à la mer cette ouverture c’est inouï, tout cet espace qui s’ouvre, s’ouvre mon ami, tout cet espace où nous pourrons aimer et guerroyer, et puis ils sauteront sur le brise-lames il y a l’air il y a le vent les montagnes l’eau le ciel la terre leurs pieds fileront au-dessus des brèches dans les rochers leurs pieds se meurtriront leurs jambes se briseront il y a l’air il y a le vent les enfants les animaux et le charbon de terre et ils repartiront, c’est fou tout cet espace et encore davantage on devine j’aurais jamais cru il y a le ciel et juste au-dessous le thonier blanc qui se détache et bientôt la lumière s’émoussera sur le mur du môle et nous ferons l’amour sous les pierres apprends à vendre à acheter à revendre sous les pierres qui ont bu le soleil donne prends donne prends elles le feront couler sur nos épaules respire marche va-t’en le feront couler je prends mon bain et je regarde feront couler le soleil sur nos épaules recrues d’images je prends mon bain nous lavera. Je descends juste de la bascule. Je pèse mes quatre-vingt kilos. Je t’aimeAlors Chiara saisit délicatement les chaussures dorées pour les mettre à ses pieds. Ils y entrèrent sans difficulté, s’y ajustèrent parfaitement. Elle tressaillit lorsque les mains lourdes de Pierrot se posèrent sur ses épaules, tu es belle sur piédestal un feu follet, ils s’embrassèrent comme jamais. Alors elle le prit par le bras et l’entraîna dehors. Ils sortirent, ils sortent, ils sortiront. Ils marcheront côte à côte. L’hiver sera bleu il sera clair tu es plus belle que le ciel et la mer et ils le traverseront à l’heure où la lumière irradie et festoie regarde les beaux magasins à l’heure où et toutes les bonnes marchandises à l’heure où le cargo fera un rectangle rouge sur le bleu tellement dense tu es plus belle que tu es plus belle que le ciel et la mer ils sortent, ils sortiront, la vie sous leurs semelles s’agrandira à l’horizon s’élargira et la terre tu es plus belle s’étirera jusqu’à plus soif sous leurs silhouettes souples, ils sortent, quand tu aimes il faut partir, ils sortiront quitte ta femme quitte ton ami quitte ton amie ils danseront jusqu’à la mer cette ouverture c’est inouï, tout cet espace qui s’ouvre, s’ouvre mon ami, tout cet espace où nous pourrons aimer et guerroyer, et puis ils sauteront sur le brise-lames il y a l’air il y a le vent les montagnes l’eau le ciel la terre leurs pieds fileront au-dessus des brèches dans les rochers leurs pieds se meurtriront leurs jambes se briseront il y a l’air il y a le vent les enfants les animaux et le charbon de terre et ils repartiront, c’est fou tout cet espace et encore davantage on devine j’aurais jamais cru il y a le ciel et juste au-dessous le thonier blanc qui se détache et bientôt la lumière s’émoussera sur le mur du môle et nous ferons l’amour sous les pierres apprends à vendre à acheter à revendre sous les pierres qui ont bu le soleil donne prends donne prends elles le feront couler sur nos épaules respire marche va-t’en le feront couler je prends mon bain et je regarde feront couler le soleil sur nos épaules recrues d’images je prends mon bain nous lavera. Je descends juste de la bascule. Je pèse mes quatre-vingt kilos. Je t’aime

Femme côté nord

 

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