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Publié le par Juliette Mézenc

S'échauffer, se mettre en condition. D'abord laisser sédimenter les préoccupations, les soucis, tout ce qui peut parasiter le travail. Pour cela : rester le regard dans le vague, observer longtemps le grain du mauvais crépi de la salle de bains, lire des bribes d'un auteur dont on se sent proche dans l'instant, écrivailler ou taper quelques notes sur le blog, tout est bon pourvu que ça lave et que ça fasse place nette pour le brouhaha des voix qui se bousculent au portillon, les voix qui exigent, qui piaffent mais qu'il faut aller chercher cependant, elles sont timides en même temps. Tyranniques aussi, et elles savent que du jour où elles seront débusquées, elles perdront un peu de leur pouvoir. D'où peut-être le sentiment de soulagement ressenti lorsqu'enfin elles sortent. Le littérature est là pour nous libérer de ce poids des voix confuses et contradictoires qui nous oppressent. Du poids de la réalité qui fait plier, du poids de la gravité qui veut que chaque jour notre tête se rapproche un peu plus de nos pieds. C'est une façon de résister.

Publié dans kommen kon krée

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