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Publié le par Juliette Mézenc

J’avais faim, une faim comme il n’en existe plus, une faim du XVIème siècle, à la Rabelais – Pantagruel buvait le lait de quatre mille six cent vaches lors de chacun de ses repas, vrai, je mens pas –  ou alors une faim de gaulois – j’avais dévoré tous les Astérix, rêvé longtemps face aux images de banquets qui ponctuaient la fin de chaque histoire, et le barde chantait de sa voix de fausset… – ou encore une faim à la hauteur des festins préparés par Taillevent du temps de Philippe VI de Valois, à base de viandes épicées au cumin, au gingembre, à la cannelle et au clou de girofle histoire de masquer le goût de la chair avariée, des monceaux de viande, du porc, des faisans, des paons, des cormorans… une faim de dément, une faim à tout casser et je le réalisais là, au moment où j’en parlais, comme il arrive aux accidentés que leur jambe ne fait souffrir qu’à partir du moment où ils comprennent qu’elle est blessée. Il fallait que je mange. On a glissé notre clandestin sous un rocher en se disant qu’on ne nous le volerait pas et Yacine m’a emmenée au restaurant.

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Claude 07/09/2007 15:03

Votre écriture me parle. Je reviendrai faire un tour en montagne, chez vous.

tina moratille 28/06/2007 18:30

La faim! Pourquoi est-ce qu'on n'écrit plus sur la faim ? Réponse tristement facile. La faim, plus nue que le désir, moins que la soif. La soif! Les meilleurs souvenirs de la nutrition , mieux, la sustentation, vieux mot  pas bien joli mais qui exprime cette avidité à manger, à boire : Juliette, artiste de la faim, dis-nous un jour la soif!