cherche son titre

Publié le par Juliette Mézenc

 

arrêtée ce matin par le dernier article de Petite Racine et particulièrement par ce passage :


"L'horripilait, peut-être, d'être ainsi surveillée, décrite, tracée. Comme nous tous écrite de l'exterieur d'elle-même. La fascinait, peut-être, l'horizon d'invisibilité et la liberté que cela lui donnerait de l'atteindre."


Souvent sur le K de constater à quel point l'écriture de Cécile peut mettre le doigt sur mes préoccupations du moment. Déjà ressenti cette étrangeté à la lecture de Saphir Antalgos, et là aujourd'hui aussitôt renvoyée au boulot sur une commande que m'ont passée Tieri Briet et Edith de Cornulier-Lucinière pour leur collection Focale. Voici la quatrième de couverture (en chantier) qui va servir de point d'appui au travail du photographe et des comédiens :

 

Elle s’est baladée

Elle s’est un peu oubliée – devant une photo, en particulier (description d’une photo, à définir, contexte : festival d’Arles)

Là, elle presse le pas [extérieur nuit, ou presque], toujours ce regard dans son dos

 

 J’ai un peu, un peu peur, un peu, rien qu’un  peu, faut me croire, non, faut pas s’imaginer que j’ai peur. Non, même pas peur. Je fais de la boxe, tous les jeudis et vendredis soirs depuis deux ans, alors… Mais quand même. Cette pression qui me fait me retourner… Vous savez, comme quand quelqu’un vous regarde avec intensité.

Peut-être cette femme avec l’appareil photo ? Elle me dit quelque chose, je l’ai déjà croisée, c’est sûr. [Et ces questions, immédiatement : Pourquoi une femme suivrait-elle une autre femme, enfin pas tout à fait, une jeune fille plutôt ? Imaginerait-on un drame au bout, la  possibilité d’un drame ? Nous y reviendrons].

Ou cet homme aux cheveux longs et vaporeux, pourtant pas l’air d’un satyre mais bizarre le type, suffisamment pour que je le remarque : il agite devant son nez un gros livre un peu mou ? Pas terrible comme éventail. Serait-ce une couverture ?

Et si c’était Le Chat ? Celui dont le portrait est affiché partout dans la ville depuis le début du festival, grosse farce photographique qui ne fait pas rire tout le monde : toujours le même homme au regard bovin, affublé à chaque fois d’une moustache différente. Sous le visage grandeur nature ces mots :

Le Chat

Cet homme est dangereux

Il aime le poisson frais et frétillant (si vous voyez ce que je veux dire)

Il le lacère il lui fait sauter les viscères

Gardez vos filles à la maison.

Et si c’était vrai ?

 

Je te balade ? Tu te dis que je suis en train de t’enfumer, là, hein, je vois bien… que décidément tous les moyens sont bons pour te faire ouvrir un foutu livre, que c’est pas une histoire de serial killer qui va te décider, t’en as vu d’autres et des plus gores, de toute façon t’es pas du genre à croire n’importe qui n’importe quoi. Lecteur, assieds-toi, détends-toi, et s’il te plait, fais un peu confiance à l’auteur… Où va-t-on, hein, sans ça ?

Bon, c’est pas le tout, l’heure tourne, on va bientôt plus rien y voir. Suis-moi, je t’emmène en balade. Je sais, t’aime pas marcher… 

 

Evidemment (ou pas), les seuls et véritables « suiveurs », ce sont l’auteur, le photographe, les comédiens et l’éditeur. Beaucoup de monde en somme. Ce sont eux qui traquent ce personnage pour le créer dans le récit, personnage qui risque bien de leur échapper etc... d'où mon intérêt pas gratuit du tout pour le texte que Cécile Portier a mis récemment en ligne. Et l'occasion de dire à quel point ces liens (à gauche, littéralement et dans tous les sens ;-) me sont chers.

Ah oui, au fait, je cherche un titre...

 

Publié dans focale

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