entre deux eaux

Publié le par Juliette Mézenc

 

30590_400540353253_582523253_4042954_5637258_n.jpg

photo : cécile viguier

 

3 mai

 

Oui, de drôles d’oiseaux, ces hommes, là. Leurs noms sont Gaspard, Aimée, Léopold, Basile, Casimir, Germain, Eloy, Barnabé et Emile.

Ils s’enhardissent.

Ils gagnent du terrain mais comme les plantes : à vue d’œil et sans qu’on s’en aperçoive.

Il faut les voir sur leurs jambes hautes qu’ils déplient comme du bois précieux, de l’ébène qui aurait traversé la méditerranée mais pas de l’ébène comme ils en reçoivent de l’autre côté, dans le port, non, plutôt du bois d’ébène flotté, roulé, brassé dans les vagues courtes, les tempêtes, les hurlements, du bois pétrifié. La méditerranée, la belle, la chantée, ils l’ont traversée en apnée.

Là, ils respirent, un peu, entre la mer et la ville.

Ils soufflent.

Mais pas trop fort. Et ils se cantonnent dans le secteur le plus éloigné de la ville, entre les deux derniers phares de l’épi Dellon.

 

Le journal du brise-lames


Publié dans projet brise-lames

Commenter cet article