Fabrication – très artisanale – d’une utopie ludique et chaotique

Publié le par Juliette Mézenc

Ces paroles, sans queue ni tête, trouées par les vents violents, par les orages d’équinoxe qui secouent la mer comme la ville, je veux bien ici les consigner, elles ont peut-être besoin d’être écoutées.  


 
Photo : martine bousquet
 

Nos muscles sont ronds et élastiques. Parfaits, ils s’adaptent aux trous, aux brèches, aux fissures, jusqu’aux plus fines, dans lesquels on se glisse, à loisir, pour dormir.
[…]
On est une bande de rigolos, volatils, intrépides et rapides. Les blocs, penchés, les tétrapodes, lisses et renflés, nous ont fait le pied sûr, à force de temps et d’accidents. Le faux pas est devenu pour nous une bizarrerie exotique.

[…] rien assis, on est toujours debout ou accroupis, on s’allonge oui, parfois, pour l’amour, et encore pas toujours, pour dormir aussi, mais nos nuits sont courtes, nos rêves on les fait éveillés – forcément, ça raccourcit le temps de sommeil. On est tous tôt debout et là oui, on commence à rêver, en tout début de journée. Après on fait ou on défait nos rêves, c’est selon.  On commence par les examiner avec la plus grande attention. S’ils  nous semblent bons, vraiment désirables, on met les rêves en pratique dans des ateliers improvisés et prévus à cet effet. S’ils nous semblent nuisibles, comme les mauvaises bêtes bien puantes qui parfois nous visitent, on les déconstruit, pas à pas, avec des gens spécialisés… Nawak ! tu sais très bien qu’ici : pas de spécialités ! il est nouveau, faut l’excuser, la division du travail c’est bon pour les sociétés archaïques, pour les Kaïques comme on les appelle ici, non ici c’est différent, on a chacun toutes les cordes à notre arc, celle qui chasse, celle qui invente, celle qui sait écouter, celle qui guide, celle qui prépare le poisson ou le lièvre, celle qui s’occupe de ceux qui ont paumé des cordes ou qui ne les ont pas encore toutes, et j’en passe, j’insiste : pas de spécialités, juste les cordes nécessaires pour vivre et basta ! 


Le journal du brise-lames 

Publié dans projet brise-lames

Commenter cet article

Taraf Zelie Bordela 10/11/2009 13:49


Sans faire express, j'ai commencé à lire le journal du brise-lames. Dans le désordre des désirs font désordre. Envie de tout lire ou relire avec le mode d'emploi. C'est un livre en chantier ? ça
commence où ?
Bon d'accord, en attendant j'attaque sujets sensibles.
T.


Stéphane 14/10/2009 07:48


La suite ! Une odeur d'utopie plane sur cet éldorado.