je suis une petite nature

Publié le par Juliette Mézenc

l'idée serait, après ce passage, de copier-coller des bris de paroles de migrants selon (mais pas seulement) certains procédés de la musique électro (là, vais demander une formation en accéléré à quelques copains qui s'y connaissent vraiment, eux).

Pour le recueil des paroles, je vais chercher dans différents bouquins mais je rencontre des difficultés lorsque les témoignages sont traduits, et le plus souvent lissés, par des interprètes consciencieux ou lorsqu'ils sont orientés dans un but précis (et légitime) : celui d'obtenir des papiers par exemple. Je ne sais pas du tout ce que ça peut donner, si ça peut fonctionner, mais je dois me rendre à l'évidence : je suis une petite nature, vite dépassée par la tâche. N'est pas Claro qui veut... L'article sur Chronic'art effraie presque, si je n'avais pas lu et aimé Madman Bovary, pas sûr que j'aurais tenté la lecture de CosmoZ, "entreprise démentielle, impressionnante", "projets exigeants et démesurés", construction complexe, génialement paradoxale et brillante", "redoutable dispositif", "pleine puissance", "profonde méditation sur l'utopie", "sommet d'une oeuvre et d'un projet parvenus à maturité"... Je sais pas vous mais moi ça me donne envie de prendre mes jambes à mon cou, impression qu'une montagne va me dégringoler toute entière sur le cervelet, qui, comme chacun sait, est un organe désespérément mou, splash !

 

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photo : john skinner


En attendant, je m'efforce de réserver à ces paroles, que je récolte un peu comme des coquillages ou des cailloux sur le rivage, une attention flottante et je repense à cette phrase de Tarkos notée mardi dernier où le "lire" pourrait remplacer le "dire" : "Simplement on a besoin d'avoir un regard dans le flou pour pouvoir savoir ce qu'on est en train de dire".

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