les Kaïques

Publié le par Juliette Mézenc


photo : stéphane gantelet

On se tient côte à côte sur ces frontières, aujourd’hui délaissées, depuis qu’ils se sont repliés dans les terres, dans leur papier de soie, là-bas, au-delà des hauts cantons, abandonnant des territoires qu’ils jugeaient trop risqués.

Nous sommes restés. Ils nous ont dit : vous êtes des rigolos ! Je parle ici des ancêtres de ceux qu’on appelle aujourd’hui les Kaïques, les continuateurs des sociétés archaïques […] qu’ils ne peuvent pas comprendre. Faut dire qu’ils ne font pas de gros efforts, pour comprendre.

Nous sommes restés. […] Nous sommes. Nous sommes restés pour les vents qui balayent, nettoient, leurs langues sont rapides et râpeuses. Nous sommes restés. Il y a longtemps.

Nos paumes sont des muscles courts et puissants.


Le journal du brise-lames 

Publié dans projet brise-lames

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Taraf Zelie Bordela 10/11/2009 13:23


C'est aux paumes oui qu'on reconnaît les anciens, à la forme des doigts. Primitifs en position d'entraver.