les Kaïques

Publié le par Juliette Mézenc

brise lames 4

Alors nous nous prenons à rêver. Nous voyons la société archaïque, l’imagination supplée au manque d’information, comble les lacunes, lie entre elles les données fragmentaires que les revenants nous livrent en désordre, oui, nous voyons : une société pleine de K, de petits K et de grands K.

Les grands K sont adorés par tous. Tous les aiment pour le travail qui leur est si gracieusement donné. Les petits K disent tous les matins «les grands K  Kréent du travail pour nous, les grands K sont de Krands Kréateurs, les grands K nous Kréent » et les petits K se lèvent du bon pied. Tous vénèrent les grands K qui les autorisent à fabriquer des gonflex, des milliards de […] couleurs et dimensions, ils reçoivent en échan[…] retourner à la fabrication des gonflex… Tu déconnes là ? Régulièrement, les Grands K offrent du temps aux petits K, et ces derniers reconnaissants s’empressent de le remplir, de l’employer, de combler ce trou béant, de l’utiliser au mieux […] précipitent pour acheter plein de gonflex aux couleurs et aux formes si variées qu’il s’agit de ne pas, surtout pas les confondre avec les bonbons géants du rayon d’à-côté… Ils savent bien que s’ils n’achètent pas les gonflex qu’ils ont si amoureusement fabriqués, parce qu’ils ont l’amour du travail bien fait, très tôt on leur a inculqué, ils risquent de perdre leur travail, les Grands K ne sont pas des philanthropes… Faut les comprendre. Aussi les petits K collectionnent consciencieusement les gonflex qu’ils mettent en vitrine sur des napperons brodés… Non, là, excuse-moi mais tu déconnes grave, c’est du grand n’importe quoi là ! Nawak nawak nawak ! Et puis faut les comprendre : le dimanche, jour du grand K, ils sont fatigués, le petit K est bien content de trouver un gonflex, le mâle comme la femelle, surtout après que cette dernière a ôté d’un geste sirupeux sa culotte galbée et sa brassière correctrice. Parce qu’il faut qu’il assure le petit K, et la petite K faut qu’elle jouisse, faut que ça gueule dans les logements. Les grands K aiment ça, faut les comprendre, ils en ont besoin pour concevoir de Krands Projets, ça les stimule et leur redonne le moral.

Oui, ok, je sais, j’ai beaucoup d’imagination. Bon, moi, c’est ce que je comprends, hein, de loin, je connais pas vraiment, en fait. C’est l’idée que je m’en fais

[…] beaucoup trop d’imagination.


Le journal du brise-lames 


 

Publié dans projet brise-lames

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marieguegan 17/01/2010 23:01


J'adore,  parce que c'est vrai  cette histoire de petit k,  de k grand  .


Juliette Mézenc 18/01/2010 07:45


bienvenue marie (dans cette histoire de dingues !)


Juliette Mézenc 16/01/2010 18:07


@brigitte, du délire n'est-ce pas ? et pour toi en prime une petite citation de boris vian "ceci est vrai parce que je l'ai inventé"
@dominque : et les petits k n'ont pas fini de se laisser emmerder par les grands K
http://www.forget-me.net/LaBoetie/servitude.pdf 


dominique boudou 16/01/2010 09:44


Hélas, ce texte n'est pas d'imagination mais de réalisme. Les grands K n'ont pas fini d'emmerder les petits K.


brigetoun 15/01/2010 19:20


énormément d'imagination - qui croirait à de telles choses ?