Liquide de Philippe Annocque (nouvel extrait + petite racine)

Publié le par Juliette Mézenc

je m'y prends mal avec cette nouvelle "catégorie". J'attends d'avoir fini le livre avant de mettre un extrait en ligne (je parle des textes qui m'intéressent bien sûr, les autres j'ai pris l'habitude de ne pas les finir, je ne vais quand même pas en recopier des passages) mais quand le livre est refermé (ou la liseuse éteinte) je préfère le repasser (le ressasser) dans ma mémoire plutôt que rechercher dans les pages les extraits que je pourrais retenir et partager. Et ensuite je passe au livre suivant. Résultat : je n'ai pas fait de post sur "Formes d'une guerre" de François Bon alors que toutes les 5 pages je relisais un passage me disant que s'il s'agissait d'un livre papier je cornerais la page pour y revenir encore et encore, plus tard, et beaucoup plus tard  (mais j'imagine qu'il doit y avoir une possibilité de repérer ainsi des pages dans la liseuse, suis encore au stade de l'expérimentation).
Je mets donc en ligne aujourd'hui un extrait de "Liquide" de Philippe Annocque que je n'ai pas encore fini :

"Là-dessus encore le temps a passé, et sans doute imperceptiblement les couleurs aussi ont passé, et à l'issue d'un réveil d'autant plus brutal qu'inconsciemment retardé l'aventure ne fut plus que ce mot péjoratif et mesquin employé par ceux qui en ont passé l'âge : une aventure, d'un coup dépréciée par l'emploi obligé de l'article indéfini.
Pourtant parfois, accompagnée de bouffées de mauvaise conscience fugitive, une sorte de mouvement de l'air découvre encore dans ce mot ses acceptions d'autrefois qu'on aurait crues disparues.
Et aujourd'hui que le vent dans l'espace libre au-dessus du fleuve souffle plus fort qu'à l'accoutumée il est temps peut-être
il est temps peut-être d'oser enfin gratter les coûtes sur les plaies
- et la main déjà à travers l'étoffe tâte un genou réellement douloureux -
et de bien vouloir reconnaître au lieu du sang l'opacité jaunâtre du pus."

Subtilité, grande attention portée à la langue, plein de zones décoratives (le malheur des uns fait le bonheur des autres, ins't it ?), j'y retourne.



Je rajoute aujourd'hui un extrait (plusieurs pages cornées déjà, et l'envie de l'offrir ce texte, autour de moi) :

"Bien sûr un tel projet impliquait le définitif renoncement à la trinité des orifices : il était clair que plus jamais le membre (seul de l'être entier apte en quelque circonstance à corriger temporairement sa mollesse lors d'un miraculeux surcroît de solidité)
ne serait accueilli en d'autres cavités que celle par les bonnes moeurs autorisée. Suzanne - elle aimait à plaisanter de son enfance "chez les soeurs", qui l'avait, disait-elle, tant marquée - avait su d'emblée le signifier sans jamais en parler."


Et la joie aussi ce matin à la perspective de lire bientôt sur Publie.net un nouveau texte de Cécile Portier, une autre amie blogueuse (c'est d'ailleurs je crois grâce à elle que j'ai découvert Philippe Annocque), suivez les liens ! 













 

Publié dans lectures

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Anna de Sandre 25/01/2010 08:08


En fait je suis son blog depuis un bout de temps.


petite racine 24/01/2010 21:19


contente de savoir que je t'ai fait découvrir Philippe Annocque !


Anna de Sandre 24/01/2010 06:45


J'ai adoré ce bouquin d'Annocque.