nos paumes sont des muscles courts et puissants

Publié le par Juliette Mézenc

Les Thélèmes… moi aussi je sais, rapport à Rabelais – notre bibliothèque tient sur nos paumes –  et à l’abbaye de Thélème, à sa règle qui se limite à cette clause « Fais ce que voudras », mais attention Mesdames et Messieurs, Rabelais dit, et il est très clair là-dessus, que l’adage ne peut s’appliquer qu’à des gens « libres, bien nés, bien instruits », d’où l’importance de l’éducation ici, chaque thélémite signe même une charte, dès l’âge de 15 ans […] de mémoire quelques passages, ça commence ainsi « Thélémite de cœur et de raison, je m’engage 1) à ne terroriser sous aucun prétexte les enfants avec des histoires d’un autre temps. Et tant pis s’ils ne finissent pas leur soupe. Aucune manipulation, nous promettons […] ne céder, et à ne susciter moi-même aucune compétition, lit des orgueils et jalousies. 3) à répondre à toutes les questions qui me sont posées, de mon mieux, à répondre à tous, aux jeunes comme aux vieux. 4) à  initier les enfants au plaisir des jeux (jeux que nous connaissons bien et pratiquons tous sur les Thélèmes, danse, écriture, confection d’objets strictement inutiles, chant… je me permets de préciser, sinon c’est difficile à comprendre, pour quelqu’un qui n’a pas été initié… à noter que les sociétés archaïques réservent curieusement ces jeux à une petite caste, ceux qu’ils nomment les « artistes », craints, méprisés, admirés, incompris, difficile d’y voir clair, certains font même l’objet d’un culte, semble-t-il, ils sont pleurés et adulés, les kaïques ne cessent de nous étonner par les rites barbares qui nous sont rapportés), à savoir les activités les plus variées et les plus aptes à développer chez chacun d’eux une connaissance intime des passions, ce qui sensément devrait leur permettre (à moins qu’ils ne soient complètement abrutis de naissance, ce qui est rarement le cas, je tiens à le souligner, les anciennes frontières étant progressivement devenues des lieux ouverts où les populations, brassées, se renouvellent constamment, se reproduisent joyeusement et fructifient en faisant montre d’une étonnante vitalité) de les tenir à la bonne distance : pas trop prêt – risque d’être étouffé – mais pas trop loin non plus – risque d’étouffer les passions susnommées (paraît que dans les sociétés archaïques, les gens lèvent les bras au ciel à l’écoute de ce programme et prononcent ensuite en chœur, d’une voix forte et assurée, quoique très légèrement exaspérée,  le mot « Utopie » pour se protéger sans doute de la tentation et ainsi repousser le mal). Bon, je me souviens pas de tout mais ça vous donne une […]

Le journal du BL 

Publié dans projet brise-lames

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Enfantissages 01/11/2009 21:44


En effet, chère homonyme!


Enfantissages 27/10/2009 10:41


Cette utopie prendra racine, j'en suis sûre, pas partout, vous le montrez bien. C'est elle qui nous permettra de survivre dans les futurs qui s'annoncent, je le vois comme ça aussi. J'aime votre
manière de partager votre projet par touches, par esquisses, par ratures et réécritures et cette sensation de voir l'œuvre s'écrire sous nos yeux.


Juliette Mézenc 01/11/2009 18:30


merci pour votre visite (juliette ?)