nous sommes

Publié le par Juliette Mézenc

l'utopie artisanale du Journal du brise-lames n'a pas dit son dernier mot :


Nous sommes des teignes comme c’est pas permis. Nous sommes en colère, une colère dont vous n’avez pas idée. Nous sommes des teignes, nous ne sommes pas méchants, juste très soupe au lait, il nous en faut pas beaucoup pour déborder, faut pas nous enquiquiner. Nous sommes. Nous sommes des tordus, nous rions comme des tordus, nous aimons comme des tordus, nous baisons comme des tordus, nous aimons les tordus, ce qui en nous est tordu, tout ce qui est tordu, à part peut-être les fils barbelés. Nous nous méfions de ce qui ne l’est pas, tordu. Nous sommes le peuple du brise-lames. Nous sommes pompeux et ça nous va bien parce que ça nous rappelle les Shadocks, ces vieux schnocks, parce que nous sommes tendres avec les vieux et avec les débiles. Nous ne sommes pas vernis, nous non plus, faut dire. Nous ne sommes pas ceux que vous croyez, nous ne sommes pas ce que nous croyons, nous sommes, nous sommes un peuple uni, nous nous déchirons, nous nous engueulons et c’est copieux, nous nous engueulons et nous réconcilions autour d’un bon gueuleton parce que c’est trop con, nous nous asseyons, parfois, le cœur dans le ventre ou plus bas encore, mais ça dure pas, parce que nous sommes des durs à cuire, sacrément résistants, et pas question de céder, à ce qui tire les organes vers les hauts-fonds, nous sommes somnambules, nous marchons dans nos rêves et nous rêvons dans nos marches, nous nous réservons en marge des solitudes en pagaille, des plages longues comme le bras, comme ta vie, nous sommes des bouffeurs de crabes et de rats, nous sommes

Publié dans projet brise-lames

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Juliette Mézenc 15/04/2010 10:28



nathalie, "en mai, fais ce qu'il te plait", je répète "en mai fais ce qu'il te plait"



Nathalie Pages 14/04/2010 22:20



j'aimerais faire partie du peuple du brise-lames...



petite racine 14/04/2010 22:17



nous marchons dans nos rêves et nous rêvons dans nos marches... vertige de voir moi aussi,  entre nos deux univers, ces passerelles danser au dessus de l'abîme. Merci chère Juliette



Juliette Mézenc 14/04/2010 15:55



contente que vous vous soyez reconnus, tous deux, un peu, dans ce nous



arnaud m. 13/04/2010 22:37



nous sommes tout cela et rien de cela ne suffit à nous définir - sauf peut-être, la faculté de le dire ?…