utopie artisanale (suite)

Publié le par Juliette Mézenc

 



photo : martine bousquet

On se tient en équilibre instable sur les anciennes frontières qu’on appelle Thélèmes, me demandez pas pourquoi, j’ai jamais posé la question… Toi peut-être mais moi je l’ai posée, la question, faut vous dire qu’ici, pas d’école, pas de bancs ni de maîtres. Mais si l’un de nous te pose une question, qu’il soit jeune ou vieux, tu dois lui répondre, c’est un devoir absolu, et si la réponse doit prendre deux jours, je dis ça comme ça, pour donner un exemple mais je pourrais tout aussi bien dire dix ans, peu importe, donc si la réponse doit prendre deux jours, je disais, il faut tout arrêter pendant deux jours, rien de plus important alors que la réponse, avec toutes les questions qu’elle contient et auxquelles il s’agit aussi de répondre […] les poupées russes ici, leur ventre rond et leurs joues rouges, on aime les ouvrir et en découvrir d’autres encore et encore jusqu’à la dernière, la plus petite, qui ne s’ouvre pas. Quand on parvient à ce point, on peut estimer qu’on a fini de répondre. Alors on s’arrête, la réponse est faite, et voilà… De cette façon qu’on transmet, qu’on questionne, qu’on grandit, qu’on vieillit, en posant et en répondant à des questions. C’est  très simple. En fait.

 
Nos bibliothèques tiennent sur nos paumes, nos paumes sont des muscles courts et puissants.


Le journal du brise-lames 

 

 

Publié dans projet brise-lames

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article