une faim à la Rabelais

Publié le par Juliette Mézenc


en ce moment, je remanie Poreuse, et contre toute attente (je répugne d'habitude à retravailler un texte lorsque je suis déjà passée à autre chose, l'impression de régresser) j'ai du plaisir à le retrouver, l'aérer, relire certains passages. Ce matin, je tombe sur ce paragraphe après avoir écouté sur Tiers Livre des extraits de Gargantua : un REGAL, prenez le temps d'écouter !

J’avais faim, une faim comme il n’en existe plus, une faim du XVI
ème siècle, à la Rabelais – Pantagruel buvait le lait de quatre mille six cent vaches lors de chacun de ses repas, vrai, je mens pas –  ou alors une faim de gaulois – j’avais dévoré tous les Astérix, rêvé longtemps face aux images de banquets qui ponctuaient la fin de chaque histoire, et le barde chantait de sa voix de fausset – ou encore une faim à la hauteur des festins préparés par Taillevent du temps de Philippe VI de Valois, à base de viandes épicées au cumin, au gingembre, à la cannelle et au clou de girofle histoire de masquer le goût de la chair avariée, des monceaux de viande, du porc, des faisans, des paons, des cormorans… une faim de dément, une faim à tout casser et je le réalisais là, au moment où j’en parlais, comme il arrive aux accidentés que leur jambe ne fait souffrir qu’à partir du moment où ils comprennent qu’elle est blessée. Il fallait que je mange. On a glissé notre clandestin sous un rocher en se disant qu’on risquait pas de nous le voler et Yacine m’a emmenée au restaurant.

Et hop, en prime un petit extrait du journal du BL où il est question des propos torcheculatifs de Gargantua : 

Il paraît que là-bas

Ferme-là

Paraît que là-bas, il y a des endroits exprès fermés où déféquer, avec du papier de soie pour s’essuyer sans s’en foutre plein les doigts […] soie me cause au fondement une volupté extrême » et même que c’est Rab[…]

Nous, on a les oursins, suffit d’avoir le coup de main

Vous êtes une bande de mal torchés

Et au printemps les oisillons : « il n’y a tel torchecul que d’un oison bien duveté car vous sentez au trou du cul une volupté mirifique », tu crois que t’es le seul à connaître les classiques

Barbabrrrrrrrrrr

On te retient là ? on te retient ???

 

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brigetoun 05/01/2010 12:34


plaisir et, accessoirement merci du lien - juste ce qu'il me faut