visite guidée (suite et fin, enfin presque)

Publié le par Juliette Mézenc



15 février

 

Nous traversons actuellement un faux plafond constitué de membranes poreuses, extrêmement légères, articulées entre elles par un fin et dense réseau de branches translucides, souples. Observez la structure de ces membranes, sensitives, et voyez comme elles respirent sur notre passage. L’ensemble en est constamment modifié, mais c’est imperceptible

 

 

16 février

 
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Sur le perron – qui se détache sur s’obscurité, impossible de savoir si une maison prolonge bien, comme on pourrait s’y attendre, cet escalier sans grâce – se tient une femme, immobile. Elle ne parle pas et pourtant elle semble avoir beaucoup à dire. Son regard est intense. Une présence énigmatique, vaguement effrayante pour nous qui nous tenons en contrebas, mais que vous ne ressentez pas comme menaçante. Cette femme veut parler, elle a quelque chose à vous dire, elle ne peut être une ennemie.

Vous sentez très bien que le jour où elle pourra parler, elle descendra quelques marches, s’assiéra sur le béton chauffé par le soleil, à côté de vous, et ce sera chaleureux et joyeux, ce moment. Ça sentira la femme et le café, le moment de l’après-repas où l’on échange des confidences pendant que les autres somnolent à l’intérieur.

Mais il est encore plus loin, ce moment, trop loin dans le labyrinthe, et il se fait tard. Il est temps de rentrer. Remontons.

 

 

 Le journal du brise-lames
(photo : éric barbier) 

Publié dans projet brise-lames

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Juliette Mézenc 20/03/2010 11:31



philippe, d'autant plus curieux que pour le titre de mon précédent texte j'avais pensé à Zones Sensibles, avant de m'apercevoir (et je m'en doutais un peu) qu'il était déjà pris...



PhA 20/03/2010 09:52


Coïncidence de lecture : votre 15 février entre résonnance avec ma lecture - présente - des Zones sensibles de Romain Verger.