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Publié le par Juliette Mézenc

 Sixième voix (4)





Je suis un peu calculatrice, j’aime bien faire ça, les stratégies, c’est plus fort que moi.  Cette main que saisit Julien : son obsession. Madame De*** il la veut. De dieu ! C’est nouveau, c’est beau, il me le FAUT ! clamait ce matin la vitrine d’un grand magasin zin zin. Sacha, c’est le diminutif d’Alexandre… Pour cet été, je me suis fait un plan dans ma tête, je suis jamais arrivée à l’obtenir : je vais le mettre en confiance…

Je le fais avec tout le monde, c’est un peu manipulateur, c’est pas méchant. Là-bas, je me fais belle, lui est froid, distant, ça me travaille beaucoup.

 

Par rapport à l’école, au lycée, pas grand-chose à dire… sauf le sol de la cour, défoncé, je me pourris les talons à chaque fois que je marche dessus.

 

Je suis très très ambitieuse, c’est très important dans ma vie, j’ai très très peur de rater ma vie. J’aime pas perdre, j’aime foncer, j’ai peur d’échouer dans ma carrière, je serai jamais dépendante d’un homme, ça c’est quelque chose que je ne supporte pas. Julien tapa du pied sans presque s’en apercevoir. Sa position, dominante, l’euphorisait au point de faire disparaître de son  champ de vision les nombreux touristes assemblés sur le belvédère en forme de poire de la rutilante et toute récente Freedom Tower. Et quand bien même l’auraient-ils vu taper du pied comme un gosse, quelle importance ! L’immeuble vacilla très légèrement sur ses fondations. Il faut dire que le building avait été conçu sur des bases extrêmement souples – « en accordéon » avait tenu à préciser l’archi soucieux de communication… en ces temps-là, les peuples étaient inquiets  – de façon à ce qu’il puisse se coucher à l’approche d’un objet non-identifié, plus précisément – chacun avait bien sûr en tête des images encore très nettes – à la vue d’un Boeing mal intentionné. D’où la régulation, extrêmement précise et encadrée, de la circulation des travailleurs et touristes à l’intérieur de la Freedom Tower. Des agents de sécurité baraqués y veillaient. Pas question de sortir des couloirs délimités par des rubans blancs et rouges que l’on déplaçait en fonction du trafic, des heures et des saisons. Un hélico passa, tournoya un moment en contrebas. Demain, Julien ne se déplacerait qu’ainsi. Il le savait, n’en doutait pas un instant. C’était sa destinée.     

C’est difficile de réussir en France, les postes sont déjà pourvus…

Je vise le meilleur tout en sentant que c’est pas sûr que je m’épanouisse, ça m’est arrivée de pleurer juste pour ça, la peur d’échouer… Président de la République, c’est bien tentant mais faut bien faire autre chose avant…

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caro 16/10/2008 18:00

holà ma mumu... pfffff on ne s'écrit plus, elles sont jolies toutes ces voix, je l'aime bien ton projet, moi aussi je suis frustrée, et c'est moi qui pars en plus, et eux qui me disent "mais pourquoi vous partez madame ?"... belle idée ma mumu,je t'embrasse fort,et puis maintenant on se verra quand vous viendrez dans le coin.cawo

Juliette Mézenc 17/10/2008 07:54


vraiment heureuse de te retrouver ici avant de se retrouver "là-haut" !