je travaille en ce moment sur un rêve de Mathilde : Ulysse et Calypso y jouent les guest stars. Pas la première fois que le brise-lames me ramène à l’antiquité Grecque, aux mythes qui
ont été déterminants dans l’enfance et que j’ai retrouvés plus tard à la fac. Mais là, expérience curieuse : j’ai cherché récemment un passage précis de l’Odyssée, une scène d’amour entre
Ulysse et Calypso. J’en gardais un souvenir émerveillé et flou. Je me souviens des passages de livres qui m’ont marquée (jamais de l’histoire, à peine des personnages) comme je me souviens des
odeurs : traces vagues et tenaces. Et bien, ce passage n’existe pas, j’ai fouillé l’Odyssée, rien trouvé. Juste ces lignes : « Comme Ulysse parlait, le soleil se coucha, le
crépuscule vint : sous la voûte, au profond de la grotte, ils rentrèrent pour rester dans les bras l’un de l’autre à s’aimer », elliptique, fallait s’en douter. Me voilà donc en train
d’écrire le passage que je croyais avoir lu, une sorte d’excroissance moderne de l’Odyssée, évidemment ça prend une tout autre tournure, évidemment un sacré trac, me sens petite, pas à la hauteur
mais je me lance. En fait j’aime ça, que le projet me dépasse.
Photo : "sens permis" martine bousquet

